Quand tendances riment avec carences

Publié dans: Bon à savoir, Nutrition
Charleyne Bachraty
Publié : il y a 1 mois

Dans les tendances actuelles, on peut être végane, végétarien, flexitarien, crudivore, ovo végétarien et plus si affinités. Le point commun entre toutes ? Soi-disant le manque de protéines. Si vous avez changé vos habitudes alimentaires, diminué ou arrêté la viande, il est presque sûr que votre entourage vous a regardé avec compassion, en vous demandant si vous ingériez assez de protéines. Vous pouvez fumer, boire, regarder des émissions de télé-réalité en boucle, mais vous ne pouvez pas manquer de protéines! L’une des conférences à laquelle j’ai assisté – et qui donnera bientôt un article – mettait pourtant l’emphase sur d’autres carences, dont les effets peuvent au moins être aussi graves qu’un manque de protéines, mais qui sont étonnamment beaucoup moins connues.

LE RÉGIME ALIMENTAIRE, MAIS PAS SEULEMENT

De nombreuses idées reçues situent l’origine des carences dans l’absence ou le manque d’un groupe d’aliments dans le régime alimentaire. S’il est recommandé de réfléchir aux substituts possibles avant de se convertir à un nouveau style alimentaire, il faut aussi penser plus large et considérer notre style de vie. Stress, maladies, médicaments, mais aussi sport, grossesse ou faible exposition à la lumière du soleil peuvent altérer nos besoins quotidiens. Une carence est donc en mesure de refléter un défaut dans nos habitudes alimentaires… et dans nos habitudes tout court !

Sans surprise, les personnes âgées, les enfants et les femmes sont plus à risque de souffrir de carences. Mais tôt ou tard, tout un chacun peut se retrouver en déficit. Si le régime alimentaire n’en est pas toujours la cause, il peut bien souvent en être le remède. Une bonne nouvelle, donc, car en variant son alimentation et en ne se privant d’aucun groupe d’aliments – fruits et légumes, produits céréaliers, lait et substituts, viandes et substituts – il est possible de rééquilibrer la balance et d’être en meilleure forme.

PROTÉINES – FER – CALCIUM : LA SAINTE TRINITÉ

Protéines, fer et calcium : lorsque l’on parle de carences, ces éléments sont souvent identifiés. Mais saviez-vous que les niveaux de zinc, de vitamine B12 et de vitamine D sont aussi à surveiller ?

Le zinc a un rôle primordial pour la peau, mais aussi le système nerveux, immunitaire, la prostate et le processus de cicatrisation. Quant à la vitamine B12, elle permet à notre organisme de produire des cellules sanguines saines et aide nos nerfs à fonctionner normalement. Ces deux éléments sont difficiles à trouver dans l’alimentation végétale.

C’est pourquoi il est recommandé de consommer entre autres des graines de citrouille, de sésame, des petits fruits, du pain au levain pour le zinc. La situation est plus délicate pour la vitamine B12, car elle se trouve essentiellement dans les viandes, poissons et fromages (amis véganes, bon courage… !). Bien souvent, il faudra donc penser à des compléments alimentaires pour compenser.

Dernier exemple – et non le moindre - la vitamine D. Elle entre en action dans la formation osseuse, dentaire et musculaire, en interagissant avec le calcium. Elle peut être assimilée par l'alimentation, mais aussi grâce aux rayons du soleil quand ceux-ci pénètrent dans la peau. Si les poissons en contiennent beaucoup, le lait et le chocolat (Thanks god!) sont également de bonnes alternatives.

CARENCES : LES REPÉRER ET LES RÉPARER

Le corps humain est une merveille qui vous enverra rapidement des alertes en cas de carences : fatigue, faiblesse musculaire, constipation, dépression, perte de cheveux… à défaut d’identifier le problème, vous pourrez quand même repérer que quelque chose ne va pas. La première des choses à faire en cas de doute : consulter un médecin. La plupart du temps, l’ajout d’un groupe alimentaire ou la prise de compléments pourront soigner les carences. Après, il s’agit bien évidemment d’intégrer les aliments salvateurs dans notre alimentation de manière régulière. Des professionnels comme des nutritionnistes et des diététistes peuvent vous aider dans ce cheminement.

Gardez également à l’esprit que d’autres carences peuvent être observées : je n’ai cité ici que quelques exemples, mais il en existe une pléthore.

Dernière chose : on pointe souvent du doigt les pratiques alimentaires « sans » pour expliquer les carences, mais même les omnivores peuvent en avoir ! Votre mantra doit toujours reposer sur les principes de base d’une alimentation saine et équilibrée : variée, fraîche, fait-maison, non transformée. Ainsi, vous mettrez pas mal de chance de votre côté.

Sources :

The Huffington Post. Carence en B12: végétariens et vegans, le vrai problème ne vient pas d'un manque de protéines, fer ou calcium. 2018. [En ligne].

Ça m’intéresse. Être végétarien expose-t-il à des carences ? 2018. [En ligne].

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