Make Friday Green Again

Bastien Poulain
Publié : il y a 1 mois

Lors du fameux et passablement critiqué « Black Friday », j’étais dans une grande chaine d’épicerie pour faire déguster les cinq versions de 1642 aux clients.

Quelle n’a pas été ma surprise en rentrant dans le magasin. Des hordes de clients avec des charriots remplis de poulet, poulets congelés, et poulets pannés congelés. En fait, c’était la Fête du poulet!

J’avais complètement oublié que la chaine d’épicerie offrait un spécial « Black Friday » sur le poulet, sous toutes ses formes. Résultat : des clients qui courent comme des poules pas de tête à la recherche de poulets.

Ma dégustation se passe plutôt bien, lorsque j’aperçois un regroupement de clients mécontents, car il manque de poulet à rabais. Une discussion s’en suit avec le gérant du magasin avec des arguments aussi volatiles que le poulet en question. Tout le monde sait que le poulet ne vole pas, eh bien, ça ne volait pas très haut.

Nous sommes rendus à nous battre pour des boîtes de poulet congelé.

D’un côté, la crise climatique menace notre survie en tant qu’espère, et de l’autre, nous sommes en train de nous engueuler pour des rabais sur le poulet congelé.

Le Black Friday a débuté dans les années ‘60 à Philadelphie. Le terme vient de la police qui avait du mal à contenir les embouteillages et les mouvements de foule qui se rendaient dans les magasins qui offraient des rabais avant Noël.

Alors pourquoi le Black Friday fonctionne aussi bien?

Les salaires augmentent peu, le pouvoir d’achat est restreint, la période des fêtes coûte chère, les aubaines aussi importantes sont rares…

Ce qui est dommage c’est qu’on ne demande pas aux clients de réfléchir sur leurs achats, mais d’acheter.

Il y a aussi un effet de masse. Le Black Friday traverse les frontières et tout le monde pense faire des affaires en or ou en poulet ce jour-là. Picsou, le célèbre canard milliardaire se frotterait les ailes s’il était réel.

Un mouvement mondial contre le Black Friday

En France est né le mouvement : MAKE FRIDAY GREEN AGAIN. Plus de 650 marques participent à ce mouvement qui dénonce la surconsommation.

Selon l’entreprise Les Raffineurs qui participe au mouvement, « le Black Friday n’existe pas [depuis le début de notre histoire]. Cette opération commerciale va à l’encontre de nos valeurs. Depuis 5 ans, nous travaillons avec 300 petits créateurs et jeunes marques qui nous accordent leur confiance. (…) Ils sont fabriqués en quantité raisonnable pour ne jamais devoir déstocker à prix bas. Nous prônons et défendons le travail de nos partenaires, la qualité de leurs produits et leurs prix. Ce pourquoi cette année, nous nous sommes engagés aux côtés du collectif MAKE FRIDAY GREEN AGAIN afin d'éviter la surproduction et respecter le travail de nos fournisseurs. »

Personnellement, je trouve que cette initiative a beaucoup de sens. J’aimerais vraiment qu’on revienne à des fondamentaux. Consommer moins, mais consommer mieux. Comme dirait Pierre-Yves McSween : En as-tu vraiment besoin?

Le Black Friday, c’est la surconsommation à son apogée. C’est mauvais pour la planète, pour nous et pour les p’tits poulets.

Crédit photo: iStock

Articles reliés

À propos de Bastien Poulain
Président et fondateur de 1642, Bastien Poulain a eu la vision de fonder une gamme de boisson pétillante pour les cocktails, à l’image du Québec. Photo: Sylviane Robini

L'infolettre Glouton, pour ne rien manquer!