Je n’ai pas faim, je m’ennuie!

Publié dans: Bon à savoir, Nutrition
Charleyne Bachraty
Publié : il y a 2 semaines

Grignotage, collations, goûters… peu importe le nom qu’on leur donne, ces mauvaises (!!!) habitudes se prennent rapidement lorsque l’on s’ennuie. Pour avoir bonne conscience, on se donne l’impression de répondre à un besoin, de combler sa faim, mais dans l’absolu, est-ce vraiment le cas ?

Vous ne serez sans doute pas surpris de savoir que derrière cette envie de manger intempestive, se cache une dimension émotionnelle et psychologique. « Manger ses émotions », cela vous dit quelque chose, n’est-ce pas ? Eh oui, l’ennui fait partie de notre large gamme de ressentis.

  1. UN ENNUI ÉMOTIONNEL

Vous l’aurez donc compris : manger parce qu’on s’ennuie, c’est répondre à son cerveau, pas à son estomac. Combler un vide : c’est l’image la plus simple pour comprendre cette sensation. L’ennui est un vide que l’on remplit physiquement à défaut de pouvoir le faire mentalement. Si cela met en lumière une émotion négative, frustration, stress, ou autres inquiétudes, le risque à long terme est bien entendu la prise de poids, avec tous les désagréments qui en découlent.

L’autre évidente caractéristique du grignotage, c’est de préférer le chocolat au brocoli. Pourquoi ne trouvons-nous pas de réconfort dans les aliments santé ? Parce que notre cerveau est « gluco-dépendant », autrement dit, nous avons naturellement un penchant pour les sucreries. Avec la même logique, les dents salées préfèreront le fromage, la charcuterie… Les nutritionnistes évoquent aussi l’association entre les fringales et le plaisir, comme celui de regarder une série, en mangeant du maïs soufflé par exemple. La faim n’est pas forcément présente, mais la conjugaison des deux peut amener une certaine sensation de bien-être.

  1. UN ENNUI ÉDUCATIONNEL

La famille et ses habitudes alimentaires semblent aussi influencer nos comportements. Nous avons tous une grand-mère qui s’inquiète de ne pas nous voir finir notre assiette. La nourriture devient alors un réconfort, un signe de « bonne santé », et le grignotage est vu comme une gourmandise normale, saine, positive.

Encré dans notre subconscient, nous avons peut-être tous le souvenir d’un biberon qui venait sécher nos pleurs quand nous étions bébé… Le schéma se répète car de nouveau, la nourriture devient un remède à la tristesse, mais pas à la faim.

  1. UN ENNUI SCIENTIFIQUE

Le lien entre faim et ennui suscite l’intérêt de nombreuses communautés scientifiques. Sans totalement excuser nos petits défauts alimentaires, la sérotonine par exemple est bien connue pour être à l’origine de nos fameuses fringales. Elle contribue au fonctionnement optimal du cerveau en agissant sur l’humeur, le stress et… la régulation de l’appétit. Elle est produite grâce à l’action d’une enzyme présente dans les aliments. Par conséquent, un déficit de cette enzyme génère une sensation de faim, et favorise donc le grignotage.

Plus récemment, des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology ont établi une corrélation entre l’ennui - plus précisément la solitude - et la faim, les deux suscitant des réactions cérébrales très similaires. Cette étude démontrerait une relation logique entre nos besoins d’occupations, mais surtout de socialisation, et notre besoin de nous alimenter.

  1. COMMENT RÉSISTER AUX FRINGALES LIÉES À L’ENNUI ?

La vraie question serait sans doute : comment ne pas s’ennuyer ? Notre relation avec la nourriture se définit souvent entre nos deux oreilles. Disons que l’on peut essayer de combler ce vide. Premièrement, a-t-on faim ou a-t-on envie de manger ? Si l’ennui est définitivement la cause de l’ouverture de la boîte de gâteaux, quelles autres options s’offrent à nous ?

S’occuper… Pas de révolution ici, mais si nous pensons à autre chose, nous serons moins tentés : lire, appeler amis ou famille, faire du ménage, se promener… ou finir cette corvée que l’on repousse éternellement ?

D’autres astuces tout aussi simples, peuvent aider à passer le cap : boire de l’eau, se brosser les dents, mais aussi prendre un petit déjeuner consistant, privilégier les fibres et les protéines dans les repas et… prévoir des collations saines ! Une bouchée dans l’après-midi n’est pas toujours mauvaise, si l’on prend conscience de ce que l’on mange et de la raison pour laquelle on mange. Dans la même idée, plaisir n’est pas toujours incompatible avec santé, du moment que le moral est bon.

Sources : • Le Figaro Madame. Pourquoi a-t-on faim quand on ne fait rien ? 2018. • Huffpost. L’ennui et la faim activeraient les mêmes zones du cerveau. 2020.

Articles reliés

L'infolettre Glouton, pour ne rien manquer!