COVID-19 – Nos nouvelles habitudes alimentaires peuvent-elles durer ?

Publié dans: Chroniques, Actualités
Charleyne Bachraty
Publié : il y a 1 mois

Ce n’est un secret pour personne : la situation actuelle bouleverse beaucoup d’habitudes que l’on croyait gelées pour l’éternité. Le plus incroyable ? La plupart ont un impact positif qui amène leur lot de réflexions et de « pensez-y bien ». L’alimentation est sans contredit l’un des points forts de cette révolution tranquille. En effet, que nous nous en rendions compte ou pas, nous achetons davantage local, cuisinons plus, mangeons varié. Et si notre nouveau mot d’ordre était « essentiel » ?

1. SIMPLICITÉ VOLONTAIRE, MAIS APPRÉCIÉE

Nous avons tous eu ce réflexe de dévaliser les rayons d’alimentation pour pallier l’éventuelle fin du monde. Avec le prolongement du confinement, quel est notre bilan ? Sans dire que l’on est capable de faire des miracles, réussir des plats simples et goûteux avec un minimum d’ingrédients ne nous a jamais paru aussi accessible. Bien entendu, les céréales, la farine, le sucre, les légumineuses tirent toujours leur épingle du jeu. Mais ne pas pouvoir faire ses courses plusieurs fois par semaine nous a appris à trouver des alternatives. Cette épice qui semblait indispensable à notre ragoût ? Remplacée. Plus de crème pour ce gâteau ? Bienvenue au lait de coco, au yaourt, ou à une variante moins riche !

L’actualité met souvent de l’avant la résilience et la débrouillardise dont l’humain peut faire preuve. Sans exagérer, ces qualités trouvent leur place dans notre gestion de la nourriture et des repas, qui ne prennent pas tant d’ingrédients pour se régaler. Ajoutons à cela une détermination certaine à réduire le gaspillage, qui s’explique, certes, par des sorties moins nombreuses, mais aussi parce que dans une période trouble comme celle-ci, nous prenons conscience de la juste valeur des aliments.

2. MANGER À TABLE : PLAISIR RETROUVÉ ET TÂCHES PARTAGÉES

Les repas sont (re)devenus des moments clés dans la vie de famille. Synonymes de partage, ils permettent aussi de sonder l’humeur de chacun. De corvée, préparer les repas est devenue une activité à part entière, dans laquelle tous les membres s’impliquent. Oui, tous les membres ! On ne se le cachera pas : la personne chargée de l’épicerie et de nourrir la maisonnée était souvent la femme.

De plus en plus de témoignages de conjoints ou de jeunes font état de leur réel intérêt à aider, et surtout, à soulager la charge mentale de la mère de famille. Entre compétition bon enfant et découverte gustative, cuisiner resserre les liens et contribue au partage équitable des tâches. Qui l’eût cru ?

3. PROFITER DE LA CRISE POUR RETROUVER L’ÉQUILIBRE

Faire du sport est le leitmotiv que les grands gourous de l’exercice essaient de nous inculquer. Si le maintien d’une certaine activité physique reste un atout certain pour notre santé et nos abdominaux, adapter notre alimentation s’inscrit tout aussi logiquement dans notre nouvelle routine. Pensez-y : on bouge moins, donc on mange plus équilibré pour compenser ce que l’exercice ne viendra pas éliminer. La diminution de la sensation de faim, due à une dépense calorique moindre, joue aussi un grand rôle. Mais attention nos grignotages parasites, susceptibles de remettre en question ces habitudes…

Éviter les expéditions inutiles, et donc être plus souvent à la maison, laisse une plus grande marge de manœuvre à la planification des repas. Pas question de se laisser aller à prendre des denrées toutes prêtes, puisque nous avons désormais le temps d’élaborer de belles assiettes ! Et l’on prévoit en conséquence, car le temps des courses de dernière minute tous les soirs est révolu.

À ce portrait presque idyllique s’ajoutent également une volonté de connaitre la provenance des aliments, des restaurants planifiés plutôt que ritualisés, et une consommation qui rime avec introspection plutôt qu’obligation.

Transition passagère ou prise de conscience… l’avenir nous le dira, mais disons que les mentalités s’éveillent dans la bonne direction.

Sources :
• Terra Femina. Le confinement va-t-il nous faire changer nos habitudes de consommation ? 2020.
• Le Temps. Le COVID-19 a résolument bouleversé nos habitudes de consommation alimentaire. 2020.

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