Économiser en mangeant végé

Par : Catherine Lefebvre
Publié : il y a 3 mois

Il y a plusieurs bonnes raisons de manger moins de viande. Le bien-être animal, réduire notre empreinte écologique et améliorer notre santé sont habituellement les raisons qui nous motivent à troquer la viande pour des options végé. Et les avantages ne s’arrêtent pas là!

Pour ma part, j’ai décidé de ne pas acheter de viande à l’épicerie, le jour où j’ai quitté le nid familial à l’âge de 17 ans. Je n’avais tout simplement pas le budget. Eh oui, je doutais déjà des pratiques d’élevage pas toujours respectueuses envers les animaux. Puis un jour, j’ai eu le budget. Mais, j’avais déjà tellement l’habitude de passer tout droit dans le rayon des viandes, que j’ai continué mon chemin. Encore aujourd’hui, je n’achète presque jamais de viande à l’épicerie. J’en mange à l’occasion, dans les bons restos, dans ma famille, chez mes amis… Avec ou sans budget, il est tout de même étonnant de constater à quel point on peut économiser en mangeant moins de viande. Voici quelques comparaisons de prix qui valent le coût!

Pour nourrir quatre personnes:

Viande Protéine végé
Poulet entier (1,5 kg) 12 $ Tofu ferme biologique (454 g) 3 $
Filet de porc (600 g) 7 $ Lentilles sèches (450 g pour huit personnes) 1 $
Bœuf haché extra-maigre (450 g) 7 $ Pois chiches en conserve (2 X 540 ml) 2 $
Escalope de veau (400 g) 22 $ Tempeh biologique (2 X 240 g) 10 $
Jambon (400 g) 11 $ Végé-pâté (227 g) 4 $
TOTAL 59 $ TOTAL 20 $
ÉCONOMIE 39 $

Source : iga.net

Ne serait-ce pour les soupers de la semaine, remplacer la viande par une protéine végétale permet d’économiser 39 $ par semaine pour une famille de quatre personnes. Par année, cela représente des économies de plus de 2 000 $. Même en choisissant des protéines végétales biologiques, c’est considérablement moins dispendieux que la viande, même la viande hachée. On peut même utiliser ces économies pour acheter plus de fruits et de légumes ou alors des produits peu transformés de meilleure qualité.

De plus, puisque les légumineuses sèches ou en conserve se conservent bien plus longtemps que la viande, même la viande congelée, cela permet également de réduire le gaspillage alimentaire. Les noix et graines, plus fragiles à l’air et à la chaleur, vont rancir plus rapidement si elles ne sont pas conservées correctement, particulièrement si on les achète en gros formats. Toutefois, si on les conserve dans le frigo dans un contenant opaque et fermé hermétiquement, elles demeureront fraiches bien plus longtemps que la viande.

Voici d’ailleurs un petit guide de durée de conservation des protéines végétales:

Aliment Durée de conservation (réfrigérateur) Durée de conservation (congélateur)
Viande hachée 1-2 jours 3-4 mois
Jambon en tranches 3-5 jours 1-2 mois
Poulet cuit 3-4 jours 1-3 mois
Saucisses fraiches 1-2 jours 2-3 mois
Tofu 6-7 jours 1-2 mois
Lentilles en conserve 1 an à la température ambiante
Lentilles sèches 1 an à la température ambiante
Noix et graines dans l’écale 1 an à la température ambiante

Source : Thermoguide du MAPAQ

Le but ici n’est pas forcément d’éliminer la viande de notre alimentation. Mais, cela nous permet de diminuer considérablement notre empreinte écologie, puisque l’élevage animal est l’industrie produisant la plus grande quantité de gaz à effet de serre, sans compter l’utilisation d’eau et de terres pour élever le bétail ou faire pousser les céréales pour les nourrir. Et en faisant plus de place aux protéines végétales, riches en fibres, cela contribue notamment à la santé de diverses façons. En effet, les fibres ont tendance à réduire notre taux de cholestérol et de sucre sanguin. Elles ont aussi la bonne habitude de faire passer notre transit intestinal en deuxième vitesse et de nourrir les bonnes bactéries qui habitent nos intestins. Et par-dessus tout, on économise!

Dans le concept de manger moins, mais mieux, remplacer la viande par des protéines végétales quelques fois par semaine est certainement une bonne façon d’en sortir gagnant.

À propos de Catherine Lefebvre

Nutritionniste, conférencière, auteure de Sucre, vérités et conséquences, ainsi que des livres de recettes Choux et Les Carnivores infidèles, elle s'intéresse particulièrement aux producteurs ainsi qu'aux innovations du monde alimentaire. Photo: Cindy Boyce

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